Il y a une question qui revient très régulièrement en formation ou sur des salons professionnels : « Faut-il choisir Rhino ou Archicad ? », ou encore « je travaille déjà sur Archicad, je n’ai pas besoin de Rhino ».
Ma réponse est toujours la même : ce n’est pas l’un ou l’autre mais l’un ET l’autre ! Les deux outils excellent dans des domaines différents qui se complètent. Ils deviennent encore plus puissants lorsqu’ils sont utilisés ensemble
Vouloir choisir entre Rhino et Archicad reviendrait un peu à demander si un architecte préfère un crayon ou une règle. Les deux sont utiles, mais pas au même moment.
Au fil des années, de nombreuses agences ont fait évoluer leur façon de travailler. Là où elles utilisaient auparavant un seul logiciel pour l’ensemble du projet, elles adoptent désormais des flux de travail hybrides qui tirent parti des forces de chacun. Résultat : davantage de liberté créative, une meilleure maîtrise technique et un réel gain de temps.
Voyons ensemble pourquoi ces deux logiciels sont devenus si complémentaires.
Deux logiciels, deux philosophies
Avant de parler d’interopérabilité, il faut comprendre que Rhino et Archicad n’ont tout simplement pas été conçus pour répondre au même besoin.
Rhino est avant tout un logiciel de modélisation 3D. Son objectif est de permettre à l’utilisateur de créer pratiquement n’importe quelle forme avec une très grande liberté. Que vous dessiniez une façade paramétrique, un escalier aux formes complexes ou un mobilier sur mesure, Rhino vous offre des outils extrêmement puissants pour donner vie à vos idées.
Archicad, de son côté, est un logiciel BIM. Sa mission est différente : organiser l’ensemble du projet architectural dans une maquette intelligente. Les murs, les fenêtres, les dalles, les matériaux, les nomenclatures et les plans sont tous reliés entre eux. Modifier un élément permet automatiquement de mettre à jour l’ensemble de la documentation.
En résumé, Rhino aide à concevoir, alors qu’Archicad aide à construire. Et c’est précisément cette différence qui les rend si intéressants lorsqu’ils travaillent ensemble.

Un exemple concret de workflow
Prenons un cas très courant dans les agences d’architecture : un projet avec une géométrie assez classique dans son ensemble mais avec un élément architectural fort et singulier comme une verrière courbe en toiture ou encore une façade ondulée.
Dans ce cas, la méthode la plus simple consiste généralement à :
- Modéliser l’ensemble du bâtiment dans Archicad, avec toute la rigueur du BIM
- Basculer dans Rhino pour profiter de la liberté offerte par le logiciel pour modéliser l’élément singulier
- Importer la géométrie dans Archicad une fois qu’elle est validée pour l’intégrer au modèle BIM et continuer la production de la maquette.
Dans ce workflow, n’oubliez pas de vérifier que vous travaillez avec les mêmes unités et la même origine pour éviter quelques déconvenues lors de l’import !

Grasshopper, l’atout discret mais redoutable !
Il m’est impossible de parler de la complémentarité de Rhino et Archicad sans mentionner Grasshopper.
Grasshopper est une fonctionnalité de Rhino permettant de créer des logiques paramétriques comme un motif de façade qui s’adapte automatiquement à l’ensoleillement ou encore un une optimisation des sièges dans un auditorium.
Couplé à Archicad via des connecteurs dédiés, Grasshopper permet d’aller chercher les données de votre projet BIM pour les utiliser comme des paramètres dans vos définitions algorithmiques et de renvoyer ensuite le résultat dans Archicad. C’est un gain de temps considérable lorsque le projet doit évoluer en fonction des retours clients ou des contraintes règlementaires.

Les erreurs à éviter
La première erreur consiste à vouloir tout faire dans un seul logiciel.
Bien sûr, Rhino permet de créer énormément de choses mais il n’a jamais eu vocation à remplacer un environnement BIM complet.
À l’inverse, Archicad est extrêmement performant pour gérer un bâtiment, mais ce n’est pas l’outil le plus adapté pour concevoir une façade paramétrique très complexe. Chaque logiciel possède son domaine d’excellence.
La deuxième erreur est de repousser les échanges jusqu’à la fin du projet.
Pour détecter rapidement les éventuels problèmes d’échelle ou de positionnement, il est préférable de réaliser plusieurs transferts intermédiaires. Ils permettent de réduire les mauvaises surprises à l’impression du dossier final et d’avoir une vision globale du projet pendant toute sa conception.
Quelques astuces qui font gagner un temps précieux
Afin de faciliter les flux de travail entre les deux logiciels, voici quelques points à garder en tête :
- Conserver une structure de calque cohérente
- Limité la complexité des géométries lorsqu’elle n’apporte aucune valeur ajoutée au projet. Nous avons vu dans un autre article que ce n’est pas parce qu’une forme à plus de points qu’elle sera plus harmonieuse
- Vérifier régulièrement que les deux modélisations se combinent correctement. Il est toujours plus facile de faire des modifications au début du projet qu’à la fin.
- Penser dès le démarrage à la façon dont la maquette sera utilisée par les autres membres de l’équipe. La modélisation ne suivra sans doute pas le même cheminement en fonction de l’usage final et un beau modèle qui ne peut être exploité a souvent moins d’utilité dans un projet.
Une collaboration qui profite à toute l’équipe
L’un des principaux avantages de cette complémentarité entre les deux logiciels est qu’elle facilite grandement le travail collaboratif.
Le designer peut continuer à explorer différentes pistes dans Rhino, son logiciel de prédilection.
L’architecte développe le projet BIM dans Archicad.
Le BIM manager peut contrôler la cohérence de la maquette globale.
Les bureaux d’études récupèrent des données fiables à partir des modélisations issues de différents logiciels.
Chacun travaille dans son environnement de prédilection sans ralentir les autres intervenants.
Cette organisation est aujourd’hui largement adoptée dans les agences qui développent des projets complexes.

Une collaboration qui profite à toute l’équipe
Aujourd’hui, les recruteurs recherchent de plus en plus des profils multi-logiciels, capables de jongler entre plusieurs environnements informatiques.
Savoir utiliser Rhino est un véritable atout. Maîtriser Archicad l’est tout autant.
Mais comprendre comment faire dialoguer les deux logiciels constitue souvent une compétence différenciante.
Rhino et Archicad ne poursuivent pas le même objectif, et c’est précisément ce qui fait leur force. L’un offre une liberté de conception exceptionnelle, tandis que l’autre structure, documente et coordonne l’ensemble du projet dans une logique BIM.
Plutôt que de choisir entre les deux, je recommande d’apprendre à les faire travailler ensemble. Vous gagnerez en créativité, en efficacité et en qualité de production, tout en vous adaptant aux méthodes de travail utilisées aujourd’hui dans de nombreuses agences d’architecture et bureaux d’études.
C’est précisément cette approche que nous développons dans nos formations. Si vous souhaitez plus d’informations sur nos accompagnements Rhino et Archicad, contactez-nous au 01.53.31.36.22 ou par mail à l’adresse formations@cadequipement.fr
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